Culture

Le vaste projet de rénovation de la tour Montparnasse tombe à l'eau

23.09.2026 20h03

Le vaste projet de rénovation de la tour Montparnasse tombe à l'eau

La vaste rénovation prévoyait une métamorphose en tour vitrée avec terrasses arborées, accueillant hôtel, commerces et services, ainsi qu'une serre agricole sur son toit, pour un coût global de 800 millions d'euros.(archives)

Photo: KEYSTONE/EPA AFP POOL/LUDOVIC MARIN / POOL

Les copropriétaires de la tour Montparnasse ont rejeté mercredi le lancement des travaux de rénovation du plus haut gratte-ciel de Paris, reléguant 'aux oubliettes' un vaste projet qui prévoyait entre autres l'ajout d'une serre agricole sur le toit.

La résolution prévoyant 'd'initier les travaux de rénovation par la signature d'un marché de désamiantage, curage, dépose partielle de façade' a été rejetée à plus de 76% par les copropriétaires de l'emblématique tour haute de 209 mètres située dans le sud de la capitale française face à la gare Montparnasse, a indiqué l'un d'eux à l'AFP.

Or, cette assemblée générale était la dernière chance pour pouvoir lancer les travaux avant que le permis de construire accordé pour la rénovation de la tour de bureaux, vidée de ses occupants, n'expire fin novembre.

Sur la table depuis 2015, la vaste rénovation prévoyait une métamorphose en tour vitrée avec terrasses arborées, accueillant hôtel, commerces et services, ainsi qu'une serre agricole sur le toit, pour un coût global de 800 millions d'euros.

Principal copropriétaire du gratte-ciel inauguré en 1973, LFPI (La Financière patrimoniale d'investissement) avait fait part en juillet de son opposition au projet, qu'il soutenait jusqu'alors, dénonçant l'explosion du coût et à cause de tensions internes autour d'échanges de surfaces.

L'été n'a pas suffi pour résoudre ce conflit interne et LFPI a été rejointe par d'autres poids lourds de la copropriété, dont les assureurs MGEN et Axa, dans son opposition au projet de rénovation.

'Les conditions n'étaient pas réunies pour mettre en oeuvre le permis tel que prévu' car 'le projet ne pouvait pas aboutir' à cause de conflits internes, a expliqué à l'AFP un porte-parole de la MGEN.

Un nouveau conseil syndical a aussi été formé, avec pour ambition de retravailler sur un projet de rénovation et de déposer un nouveau permis de construire, a indiqué un copropriétaire.

Il est aussi prévu de faire voter lors d'une prochaine assemblée générale le lancement des travaux de curage et désamiantage 'pour ne pas laisser cette tour vide', selon ce copropriétaire.

Pour la MGEN, il faut 'un projet plus rapide, qu'on est capable de faire et non un projet qui soit un champs de bataille ouvert'.

La rénovation se dirigerait donc vers des travaux bien moins ambitieux, de changement de façade, de mise en conformité, de désamiantage, et écarterait l'ajout d'une serre agricole sur le toit et d'un hôtel.

'Aux oubliettes'

En l'état actuel, le projet est 'aux oubliettes', avec un impact aussi sur la rénovation du centre commercial - actuellement quasiment vide - situé au pied de la tour, déplore Frédéric Lemos, ex-président du conseil syndical du bâtiment et l'un des copropriétaire, qui est partie prenante dans le conflit interne.

Il assure, dans un communiqué cosigné avec l'entrepreneur Xavier Niel et deux autres copropriétaires, ne pas 'se résigner à enterrer la tour Montparnasse'.

'Nous souhaitons que l'ensemble des copropriétaires, les partenaires financiers et les pouvoirs publics puissent rapidement se retrouver pour examiner toutes les solutions permettant de transformer la tour Montparnasse', ajoutent les quatre copropriétaires.

'Il faut que chacun revienne à la raison, je ne peux pas accepter qu'on jette à la rivière un projet travaillé pendant dix ans et qu'on laisse à l'abandon ce coeur de ville mondialement connu', a réagi auprès de l'AFP Philippe Goujon, le maire de droite du XVe arrondissement de Paris, le quartier où est située la tour.

L'élu s'inquiète lui aussi des répercussions sur le projet de rénovation du centre commercial, confié à l'architecte italien Renzo Piano.

Dans un communiqué, la Ville de Paris demande 'qu'une solution alternative puisse être proposée afin d'éviter que le site ne reste durablement à l'arrêt'.

Le maire socialiste de la capitale Emmanuel Grégoire avait convoqué fin juillet une réunion de crise avec les principaux copropriétaires pour tenter de trouver une solution à ce projet de rénovation entièrement privé.

Au Conseil de Paris, l'extrême gauche plaide carrément pour la destruction de la tour Montparnasse 'et la création d'un immense parc pour rafraîchir la ville'.

/ATS