Économie

Les négociations sur l'accord entre Pékin et Berne ont abouti

20.08.2026 17h19

Les négociations sur l'accord entre Pékin et Berne ont abouti

Les montres suisses exportées en Chine étaient toujours taxées, malgré l'accord (image prétexte).

Photo: KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

Les négociations sur un accord commercial modernisé entre la Suisse et la Chine ont abouti, ont annoncé jeudi le ministre de l'économie Guy Parmelin et son homologue chinois Wang Wentao. Berne est parvenue à biffer les taxes qui frappaient encore ses exportations.

'A l'avenir, 99,8% des exportations suisses actuelles pourront être exonérées des droits de douane en Chine', écrit le département du Vaudois dans un communiqué. Le pays devrait ainsi économiser environ 244 millions de francs.

Les trois quarts des exonérations doivent s'appliquer dès l'entrée en vigueur de l'accord modernisé. MM. Parmelin et Wentao ont signé un mémorandum d'entente jeudi à Berne.

L'accord devrait être formellement signé cette année. La suppression des taxes douanières constituait le point principal des négociations lancées il y a deux ans.

Le fromage en salle d'attente

La Suisse a été le premier pays européen à conclure un accord de libre-échange avec la Chine, deuxième économie mondiale et troisième partenaire commercial de Berne. L'accord, en vigueur depuis 2014, a souvent été présenté comme un exemple de réussite, alors que Pékin cherchait à étendre ses relations en Europe.

Mais la réalité a montré des lacunes, surtout sur les exportations suisses. Environ la moitié d'entre elles étaient encore taxées, alors que la quasi-totalité des produits chinois importés était exemptée de droits de douane.

Les montres suisses par exemple ne bénéficiaient de pratiquement aucune exonération. Les produits pharmaceutiques, très partiellement.

Le fromage et le café étaient aussi pénalisés. La Suisse a réussi à obtenir des concessions sur ces produits, mais qui s'appliqueront dans un délai de 10 ans.

Avancées 'ambitieuses'

Autres points sensibles que la Suisse voulait renégocier: le travail forcé et la protection de l'environnement. Le ministère de l'économie a annoncé des avancées inédites.

Les deux pays s'engagent à mettre en oeuvre les conventions de l'Organisation internationale du travail (OIT) et à respecter les droits fondamentaux du travail, peut-on lire. C'est la première fois que ce genre de disposition figure dans un accord de libre-échange conclu par la Chine, indique le département.

Quant aux points conclus pour l'environnement, ils constituent 'l'un des chapitres les plus ambitieux de la Suisse et de la Chine' dans un accord commercial. Les deux pays ont par exemple pris des engagements dans la transition vers les énergies propres et l'économie circulaire.

Passage au Parlement

Ces avancées pourraient jouer en faveur de l'accord, qui doit encore passer devant le Parlement. Le projet avait été plutôt bien accueilli en commission, mais des désaccords étaient apparus sur ces points.

Cette détente dans les relations commerciales avec la Chine intervient dans un contexte d'incertitude entre les Etats-Unis et le reste du monde, soumis à ses droits de douane. La Chine, connue pour protéger fortement son marché, avait fait preuve d'ouverture en début d'année, appelant ses partenaires à défendre le multilatéralisme lors du Forum économique mondial à Davos.

/ATS