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Retrait d'une étude controversée sur la surmortalité et le Covid

11.08.2026 11h26

Retrait d'une étude controversée sur la surmortalité et le Covid

L'étude avait été critiquée pour donner le flanc à des thèses vaccinosceptiques.

Photo: KEYSTONE/DPA/FABIAN SOMMER

Une étude parue en 2024 sur la surmortalité pendant le Covid, qui avait été critiquée pour donner le flanc à des thèses vaccinosceptiques, a finalement été retirée, a annoncé mercredi l'éditeur de la revue où elle avait été publiée.

Cette étude, parue dans la revue BMJ Public Health, a été dépubliée car elle témoignait 'de désinformation sur les causes possibles de la surmortalité' et n'était basée que 'sur une quantité limitée de travail original', a expliqué dans un communiqué le groupe BMJ.

Ce groupe édite le BMJ Public Health, un journal spécialisé en santé publique. Il est distinct du prestigieux British Medical Journal, l'une des plus grandes revues médicales, qui a le même éditeur.

Le BMJ Public Health avait publié en 2024 une étude qui avançait que, dans plusieurs régions du monde, la surmortalité était restée anormalement élevée au cours des années suivant le pic de la crise du Covid-19.

Cette étude avait été citée par de nombreuses publications vaccinosceptiques en ligne, qui affirmaient qu'elle faisait directement le lien entre surmortalité et vaccination contre le Covid.

Même si l'étude n'explicitait aucun lien de la sorte, ses auteurs s'interrogeaient sur la persistance de la surmortalité 'malgré la mise en oeuvre de mesures de confinement et de vaccins contre le Covid-19', appelant les décideurs politiques à publier des données plus précises qui permettraient de creuser un rôle supposé de ces deux derniers éléments.

Niveau de désaveu le plus cinglant

Cette ambiguïté avait suscité de multiples critiques, l'accusant de donner le flanc à des attaques infondées contre les vaccins Covid qui ont, de manière avérée, sauvé des millions de vies depuis le début de la crise. La méthodologie employée pour calculer la surmortalité avait aussi été mise en cause.

Le BMJ Group avait déjà annoncé qu'il enquêtait sur cette étude et le Centre d'oncologie pédiatrique princesse Máxima, auquel sont affiliés trois des quatre auteurs, avait fait de même.

Au final, l'éditeur, qui avait déjà publié un avertissement appelant à la prudence sur cette étude, a décidé qu'elle devait purement et simplement être dépubliée, le niveau de désaveu le plus cinglant dans la littérature scientifique.

'La décision de retrait est soutenue par deux des quatre auteurs', et par le Centre princesse Maxima, a précisé le BMJ Group.

/ATS