Luttes féministes dans la rue à Lausanne pour le 14 juin
Malgré la colère et les revendications, l'ambiance, chaude et chaleureuse, est restée bon enfant à Lausanne.
Photo: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTTSlogans, chants et touches de violet ont inondé la capitale vaudoise samedi après-midi. 'Nous voulons une société qui protège, soigne, qui choisisse la solidarité plutôt que le profit', a martelé une manifestante.
'Nous sommes dans la rue aujourd’hui, parce que les chiffres sont insupportables', a lancé une autre, évoquant les 13 féminicides survenus depuis le début de l'année en Suisse. 'Nous en avons assez', a résumé une autre voix.
Rassemblé sur la place de la Riponne, le cortège parti vers 16h45 doit terminer sa course à l'esplanade de Montbenon en début de soirée, où stands, ateliers et DJ sets attendent les manifestantes et manifestants. Particularité de ce rassemblement: il se déroule pratiquement 'à double', d'importantes mobilisations politiques ayant aussi lieu dimanche.
En plus des votations fédérales se déroulera la vaste manifestation 'No G7' à Genève, pour laquelle les collectifs féministes se mobilisent tout autant. Tout le week-end, ils appellent à faire entendre leur colère et à lutter contre un 'système d’oppression où le patriarcat, le capitalisme, le militarisme et le colonialisme s’alimentent mutuellement.'
La Grève féministe défilera d'ailleurs en tête au bout du lac au côté de la coalition NoG7.
Clin d'oeil aux pionnières
Le 14 juin est une date clé pour les collectifs féministes, puisqu'elle renvoie à l'inscription de l'égalité entre les femmes et les hommes dans la Constitution fédérale en 1981. Mais aussi à la grève historique nationale de 1991, durant laquelle plus de 500'000 femmes s'étaient mobilisées, l'égalité promise tardant à se concrétiser.
En 2019, les femmes s'étaient à nouveau réunies par centaines de milliers en Suisse pour dénoncer la persistance des inégalités salariales, le sexisme et les violences; une mobilisation qui se répète chaque année depuis.
La convergence des luttes, centrale dans les discours des collectifs ces dernières années, appelle à penser un système féministe, anti-fasciste, anticapitaliste et anti-impérialiste. 'Nous refuserons de dissocier nos quotidiens locaux des réalités globales', résume le manifeste qui ajoute: 'notre mobilisation est un point de convergence de multiples résistances.'
/ATS